Prime pour un site web à Bruxelles : ce qui est couvert en 2026
Il n'existe pas de prime « site web » à Bruxelles, mais la prime digitalisation de la Région de Bruxelles-Capitale couvre bien le développement ou l'amélioration technique du site internet de votre entreprise : c'est l'un de ses trois domaines. Elle rembourse de 25 à 70 % des honoraires du prestataire, hors TVA, avec un plafond de 10 000 € par entreprise et par année civile, et la demande se dépose sur MonBEE avant le début de la mission. Cet article détaille ce qui est couvert pour un site vitrine, une refonte ou une boutique en ligne, ce qui ne l'est pas, et comment monter le dossier. Les conditions citées sont celles en vigueur à la date de mise à jour, vérifiées sur la page officielle de la prime, qui seule fait foi.
Quelle prime couvre un site web à Bruxelles ?
Beaucoup de PME cherchent une « prime web » ou un « subside site e-commerce ». Elles tombent sur la prime digitalisation, et c'est la bonne porte. Bruxelles Économie et Emploi la décrit en trois domaines : la digitalisation de vos processus internes, la sécurisation informatique, et « le développement ou l'amélioration technique du site internet de votre entreprise ».
Ce troisième domaine est traité exactement comme les deux autres : mêmes conditions d'accès, mêmes taux, même plafond, même procédure. Un site vitrine créé de zéro, la refonte technique d'un site vieillissant, l'ajout d'un module de réservation ou de prise de rendez-vous, une boutique en ligne : tout cela est une mission ponctuelle confiée à un prestataire spécialisé, donc dans le champ de la prime.
Le guide complet du dispositif, avec les conditions d'éligibilité de l'entreprise, les majorations et la procédure détaillée, est dans notre guide de la prime digitalisation à Bruxelles. Ici, on se concentre sur ce qui est propre aux projets web.
Qui peut demander la prime pour son site ?
Les conditions tiennent à l'entreprise, pas au site. Il faut être une PME au sens européen (moins de 250 travailleurs), avoir un siège d'exploitation en Région de Bruxelles-Capitale inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises, exercer une activité dans un secteur admis (la liste des codes NACE éligibles se télécharge sur la page officielle), être en ordre d'obligations fiscales et sociales, et ne pas avoir dépassé 300 000 € d'aides de minimis sur trois ans.
Les indépendants en personne physique sont traités comme les sociétés, à condition d'avoir un établissement bruxellois. Un indépendant qui vit à Uccle et exerce à Uccle est éligible ; un indépendant domicilié à Bruxelles mais dont l'unité d'établissement est en Flandre ne l'est pas pour ce dispositif. Pour les ASBL, le critère est la finalité économique et commerciale : une association essentiellement subventionnée par les pouvoirs publics n'entre pas dans le cadre.
Site vitrine, refonte, e-commerce : ce qui entre dans le dossier
La règle est simple à énoncer : ce sont les honoraires du prestataire externe, hors TVA, pour une mission de développement ou d'amélioration technique. Voici comment elle s'applique aux projets web les plus courants.
Un site vitrine créé de zéro. Conception, développement, mise en ligne : la mission entre dans le cadre. Si le prestataire rédige aussi les textes, cette part fait partie de ses honoraires ; si vous les écrivez vous-même, votre temps n'est pas une dépense éligible.
Une refonte technique. Migrer un site vieillissant vers une base saine, le rendre utilisable sur téléphone, corriger sa vitesse et sa sécurité : c'est précisément « l'amélioration technique du site internet » que vise le texte. Un simple changement de couleurs sans travail technique se défend moins bien.
Une boutique en ligne. Une boutique est un site internet, et son développement entre à notre lecture dans le même domaine. La page officielle ne détaille pas le cas de l'e-commerce, et c'est l'administration qui apprécie le dossier : décrivez la part de développement (catalogue, panier, paiement, connexion au stock et à la facturation) et séparez-la des postes qui ne sont pas une mission ponctuelle.
Un site relié à votre gestion. C'est le cas que nous connaissons le mieux : un site public ou une boutique branchés directement sur votre outil de gestion, pour que le stock, les commandes et les clients ne soient encodés qu'une fois. Ce projet touche à la fois au domaine « site internet » et au domaine « digitalisation des processus » : il se décrit dans le dossier comme une seule mission, avec un résultat mesurable (fin du double encodage, commandes en ligne visibles dans la gestion). C'est ce que nous construisons dans nos projets de site web et e-commerce sur mesure reliés à l'outil de gestion.
Ce que la prime ne couvre pas pour un site
La page officielle n'énumère pas les dépenses exclues. Ce qui suit est notre lecture des règles du dispositif (mission ponctuelle, prestataire externe, honoraires hors TVA), à confirmer auprès du service qui instruit les dossiers.
L'hébergement et le nom de domaine sont des frais récurrents, pas une mission. L'abonnement mensuel à une plateforme de site ou de boutique (Wix, Shopify, Squarespace) non plus. La publicité en ligne, les campagnes sur les réseaux sociaux et l'achat de mots-clés ne sont pas du développement. Les photos de produits que vous faites réaliser relèvent d'un autre métier que celui du prestataire web, sauf si elles font partie de sa mission de création du site. Le contrat de maintenance mensuel est de la sous-traitance permanente, que le dispositif exclut explicitement : la maintenance d'un site est un coût récurrent à prévoir, facturé à part, et jamais subventionné par cette prime.
Enfin, le prestataire lui-même doit remplir les conditions : spécialisé dans le web, actif depuis au moins 2 ans, indépendant de votre entreprise. Un site réalisé par votre associé, votre société sœur ou un neveu qui débute ne passe pas.
Combien pouvez-vous obtenir pour votre site ?
Le taux de base est de 25 % des honoraires hors TVA. Une entreprise reconnue comme starter (moins de 4 ans d'existence) obtient une majoration de 25 % si elle est micro ou petite, de 20 % si elle est moyenne. Une exemplarité sociale ou environnementale reconnue ajoute 30 % ou 20 % selon la taille. Le taux ne dépasse jamais 70 %, la prime jamais 10 000 € par an, et elle ne peut pas être inférieure à 500 € par mission. Deux missions subventionnées par année civile au maximum.
| Projet (honoraires hors TVA) | Taux de base 25 % | Starter 50 % | Maximum 70 % |
|---|---|---|---|
| Site vitrine à 4 000 € | 1 000 € | 2 000 € | 2 800 € |
| Refonte technique à 8 000 € | 2 000 € | 4 000 € | 5 600 € |
| Boutique en ligne reliée au stock à 12 000 € | 3 000 € | 6 000 € | 8 400 € |
| Site et outil de gestion à 20 000 € | 5 000 € | 10 000 € (plafond) | 10 000 € (plafond) |
Ces exemples sont hypothétiques et supposent que l'entreprise remplit les conditions de chaque majoration. Pour situer votre propre projet, notre estimateur de budget en ligne donne un délai et un budget de départ pour un site en quelques questions ; appliquez ensuite votre taux.
Comment déposer la demande, dans le bon ordre
L'ordre des opérations fait échouer plus de dossiers que le fond. Vérifiez d'abord votre éligibilité : code NACE, siège d'exploitation bruxellois, situation fiscale et sociale en ordre. Demandez ensuite au prestataire une offre détaillée, hors TVA, qui décrit la mission, sa durée et son résultat, et rassemblez ses références. Déposez la demande sur MonBEE, le guichet numérique de Bruxelles Économie et Emploi, avec l'offre, le curriculum vitae ou la présentation du prestataire, un extrait bancaire et les preuves d'exemplarité si vous en demandez une.
Ne signez rien et ne versez aucun acompte avant le dépôt. La mission peut commencer dès le lendemain, à vos risques puisque la décision arrive dans un délai maximum de 4 mois à partir du dossier complet ; elle doit être terminée en 6 mois. Après la notification d'octroi, vous disposez de 12 mois pour envoyer les factures et preuves de paiement via MonBEE. Passé ce délai, la prime est perdue.
Faut-il faire son site pour la prime ?
Un mot d'honnêteté. La prime rend un projet moins cher, elle ne le rend pas utile. Un site vitrine qui ne dit pas clairement ce que vous faites et pour qui, une boutique dont le stock n'est pas relié à votre gestion et qu'il faudra tenir à la main, un site refait tous les deux ans pour suivre une mode : subventionnés à 70 %, ils restent une dépense qui ne rapporte rien.
Le bon ordre est l'inverse. D'abord la question : que doit faire ce site pour l'entreprise, concrètement ? Prendre des rendez-vous, vendre, faire remonter des demandes qualifiées, arrêter de ressaisir les commandes ? Ensuite le périmètre le plus simple qui y répond. Enfin seulement la prime, qui viendra alléger un projet déjà justifié. Notre article sur le moment de passer à une application web de gestion aide à poser cette première question quand le site doit faire plus que présenter.
Par où commencer ?
Trois gestes, dans cet ordre. Un, vérifiez votre éligibilité sur la page officielle de la prime digitalisation : secteur, siège d'exploitation, situation en ordre. Deux, écrivez en dix lignes ce que le site doit faire pour votre entreprise et ce qu'il doit remplacer (le fichier Excel des commandes, les rendez-vous par téléphone, le double encodage). Trois, demandez une offre détaillée à un prestataire qui remplit les conditions, et déposez la demande sur MonBEE avant de signer. La différence entre une prime obtenue et une prime perdue tient presque toujours à ce dernier point.
Questions fréquentes
Existe-t-il une prime spécifique pour un site web à Bruxelles ?
Non, pas de prime « site web » à part. C'est la prime digitalisation de la Région de Bruxelles-Capitale qui couvre le développement ou l'amélioration technique du site internet de votre entreprise, comme l'un de ses trois domaines. Les conditions, les taux (25 à 70 %) et le plafond (10 000 € par an) sont les mêmes que pour la digitalisation de vos processus.
La prime couvre-t-elle une boutique en ligne (e-commerce) ?
Une boutique en ligne est un site internet : son développement par un prestataire externe entre, à notre lecture, dans le domaine « site internet » de la prime. La page officielle ne détaille pas le cas de l'e-commerce, et c'est l'administration qui apprécie chaque dossier. Décrivez précisément la part de développement (catalogue, panier, paiement, connexion au stock) et laissez de côté ce qui n'est pas une mission ponctuelle : abonnement à une plateforme, publicité, photos de produits.
Puis-je demander la prime pour un site fait avec Wix, Shopify ou WordPress ?
Ce qui compte n'est pas l'outil mais la mission : les honoraires d'un prestataire externe, spécialisé, actif depuis au moins 2 ans et indépendant de votre entreprise, pour développer ou améliorer techniquement votre site. Un prestataire qui construit un site sur WordPress ou Shopify peut donc entrer dans le cadre. L'abonnement mensuel à la plateforme, lui, n'est pas une mission ponctuelle et ne relève pas de la prime, à notre lecture du dispositif.
Quand faut-il déposer la demande pour un site web ?
Avant que le prestataire commence, au plus tard la veille du début de la mission, sur le guichet MonBEE. Un devis signé ou un acompte versé avant le dépôt entraîne le refus, sans exception. La mission peut démarrer dès le lendemain du dépôt, à vos risques puisque la décision arrive dans un délai maximum de 4 mois, et elle doit être terminée en 6 mois maximum.